5ième partie
Lorsque Sally se réveilla, il lui fallut quelques secondes pour comprendre pourquoi elle était aussi triste, pourquoi elle se sentait aussi souillée et minable, à réaliser toute l'ampleur de son affliction. Elle ouvrit les yeux et se redressa péniblement.
Le soleil filtrait à travers les rideaux délabrés de la pièce. Elle avait dormi dans la chambre d'Audrey (une des coloc de Katie), dans le même lit qu'elle. Cela ne l'avait pas dérangée le moins du monde, elle était sûre de se réveiller si Antoine revenait…
Mais ce matin, Sally était toute seule et l'appartement était silencieux. Elle savait qu'Audrey travaillait de jour dans un fast-food, que Jackie elle, travaillait de soir dans la rue… (à cette pensée, Sally eut pitié de Jackie), et que Katie, maintenant, avait abandonné la prostitution pour se consacrer à la danse striptease dans un bar.
Alors, probablement que Jackie et Katie dormaient encore.
Sally sortit du lit et enfila des vêtements, une paire de jeans troués, une mini-jupe noire saturée de chaînes et d'épingles, un t-shirt noir écrit "LOVE IS SUICIDE" dessus et sa veste préférée. Elle alla à la cuisine et fût surprise d'y voir Katie, assise à la table, en train de boire un café.
-Bon matin ma chérie, dit Katie. Café?
-Non merci.
-Ah c'est vrai, toi, tu es du type British, toi t'aimes le thé. Désolée, j'en ai pas.
-C'est pas grave.
Sally alla s'asseoir à côté de son amie et lui fît un sourire qui sonnait faux.
-J'adore ta jupe, lanca Katie. Elle est courte, mais pourquoi tu portes des jeans en dessous?
-On est pas toutes belles comme toi.
-Mais…
Sally fît taire son amie du regard. Katie prit une gorgée de café et demanda:
-Est-ce que quelqu'un est passé hier soir, quand j'étais pas là?
Sally se crispa sur sa chaise. Pendant un instant, elle crut qu'elle allait craquer, qu'elle allait se mettre à hurler, tellement elle avait peur. Son cœur se mît à battre si fort qu'elle était certaine que Katie l'entendait. Mais elle savait qu'elle devait garder son calme, et qu'elle ne devait pas le dire à Katie, parce que Katie arrêterait de coucher pour l'argent, et elle se retrouverait à la rue, et Sally ne voulait pas décevoir son amie, ni lui faire de mal.
-Oui, répondit-elle avec un sang-froid déboussolant. Ouais, un gars là…
-Grand, aux cheveux châtains, vraiment sexy, là?
-Hhm Hhm….
-Antoine Messier?
-Oui.
Katie soupira et tomba dans la lune, un regard rêveur et un sourire niais aux lèvres, en buvant stupidement son café. Sally compris alors que Katie aimait Antoine, et que Sally ne pourrait supporter la présence de cet homme.
-Je dois retourner chez moi, dit précipitement Sally en se levant.
-Mais pourquoi? Voulut savoir Katie.
-Je… j'ai un gros travail à faire, du genre, des dizaines de pages, et je ne l'ai pas emmené, si je le fais pas, je.. je vais me faire suspendre et rater mes examens, je…
-Bon, très bien chérie. Vas chercher ton sac on va aller à l'arrêt de bus ensemble.
***
Oui, décidément, Sally était une excellente menteuse. Elle avait réussi à faire croire à Katie qu'elle devait partir au plus vite.
Non, il n'y avait aucun travail à remettre, aucun devoir, les profs avaient été cool vendredi dernier. Non, Sally n'était pas obligée de revenir à St-Gerard-De-La-Route, mais c'est qu'elle était terrorisée à l'idée de croiser Antoine Messier.
À chaque instant, elle ressentait encore et encore la douleur, se ressassait les horribles images dans sa tête, et sentait l'haleine de bière d'Antoine si véritablement qu'elle tournait constamment la tête, de peur qu'il soit là, prêt à se jeter dessus comme une bête sauvage.
C'était le soir, c'était le dimanche soir. Sally était assise, toute seule, dans la cour arrière de la maison des jeunes, appuyée contre le mur. Elle n'avait même pas pris la peine de prendre son mp3. Elle n'avait plus envie d'écouter de la musique, elle n'avait pas envie de rien. Elle ne pleurait même plus.
En soi, elle allait bien, sa tête était vide. Elle était seule, dans ce silence pesant, la température était parfaite, le ciel étoilé, et son joint commençait à faire effet, ce qui rendait le tout encore plus beau.
Même Spencer n'arrivait pas à troubler cette accalmie. Non, rien ne viendrait gâcher ça.
-Sally, c'est toi?
C'était Brendon. Il s'avança jusqu'à la hauteur de son amie et s'assit à côté d'elle.
Il était bien le dernier garçon avec qui Sally se sentait à l'aise. Elle se blottit dans les bras de son ami de longue date.
-Alors, ton escapade dans la grande ville, c'était comment? Demanda Brendon.
-Pas si mal…
-Oh, pas tellement sincère, la petite Sally ce soir!
Sally soupira et une larme coula sur sa joue. Brendon se leva.
-On va faire la fête, d'accord?
Sally le suivit. Il lui sembla que la marche était longue, tellement longue. Et elle était tellement fatiguée qu'au bout d'un moment elle dit qu'elle retournait chez elle.
-Non, non! Insista Brendon. On arrive, regarde, c'est juste là.
Il pointait une grande et somptueuse maison. Il sembla à Sally que c'était fort probablement la demeure d'un élève du Collège. Elle était mal à l'aise d'y entrer, mais maison riche signifiait beaucoup d'alcool. Et Dieu sait qu'elle avait besoin de noyer sa peine.
Elle et Brendon entrèrent sans problème. Heureusement, il n'y avait pas seulement des personnes du Collège. Brendon la laissa toute seule pour aller draguer un petit groupe de filles, alors Sally monta au deuxième étage. Il n'y avait personne, ici. Mais il y avait trop de monde au salon, il fallait qu'elle respire un peu. La tête lui tournait et elle se rappela qu'elle supportait très mal le mélange drogue/alcool. Elle s'effondra sur le palier, provoquant un gros bruit.
Quelqu'un ouvrit une porte et s'approcha. Sally avait du mal à respirer et ses yeux fermaient tous seuls. Pourtant, elle vît Spencer se pencher sur elle.
-Sally? Qu'est-ce qui t'arrive?
Spencer! Il allait pouvoir la sauver, lui. Ouais. Sally sentait ses forces l'abandonner. Une fille s'approcha.
-Chéri? Elle est malade? Qui c'est? Une de tes amies? Spencer chéri.. ?
Spencer chéri. Oui, bien sûr, il s'était fait une petite amie, et Sally vît disparaître tous ses espoirs de bonheur. Elle gémit de douleur et perdit conscience.
À SUIVRE
Lorsque Sally se réveilla, il lui fallut quelques secondes pour comprendre pourquoi elle était aussi triste, pourquoi elle se sentait aussi souillée et minable, à réaliser toute l'ampleur de son affliction. Elle ouvrit les yeux et se redressa péniblement.
Le soleil filtrait à travers les rideaux délabrés de la pièce. Elle avait dormi dans la chambre d'Audrey (une des coloc de Katie), dans le même lit qu'elle. Cela ne l'avait pas dérangée le moins du monde, elle était sûre de se réveiller si Antoine revenait…
Mais ce matin, Sally était toute seule et l'appartement était silencieux. Elle savait qu'Audrey travaillait de jour dans un fast-food, que Jackie elle, travaillait de soir dans la rue… (à cette pensée, Sally eut pitié de Jackie), et que Katie, maintenant, avait abandonné la prostitution pour se consacrer à la danse striptease dans un bar.
Alors, probablement que Jackie et Katie dormaient encore.
Sally sortit du lit et enfila des vêtements, une paire de jeans troués, une mini-jupe noire saturée de chaînes et d'épingles, un t-shirt noir écrit "LOVE IS SUICIDE" dessus et sa veste préférée. Elle alla à la cuisine et fût surprise d'y voir Katie, assise à la table, en train de boire un café.
-Bon matin ma chérie, dit Katie. Café?
-Non merci.
-Ah c'est vrai, toi, tu es du type British, toi t'aimes le thé. Désolée, j'en ai pas.
-C'est pas grave.
Sally alla s'asseoir à côté de son amie et lui fît un sourire qui sonnait faux.
-J'adore ta jupe, lanca Katie. Elle est courte, mais pourquoi tu portes des jeans en dessous?
-On est pas toutes belles comme toi.
-Mais…
Sally fît taire son amie du regard. Katie prit une gorgée de café et demanda:
-Est-ce que quelqu'un est passé hier soir, quand j'étais pas là?
Sally se crispa sur sa chaise. Pendant un instant, elle crut qu'elle allait craquer, qu'elle allait se mettre à hurler, tellement elle avait peur. Son cœur se mît à battre si fort qu'elle était certaine que Katie l'entendait. Mais elle savait qu'elle devait garder son calme, et qu'elle ne devait pas le dire à Katie, parce que Katie arrêterait de coucher pour l'argent, et elle se retrouverait à la rue, et Sally ne voulait pas décevoir son amie, ni lui faire de mal.
-Oui, répondit-elle avec un sang-froid déboussolant. Ouais, un gars là…
-Grand, aux cheveux châtains, vraiment sexy, là?
-Hhm Hhm….
-Antoine Messier?
-Oui.
Katie soupira et tomba dans la lune, un regard rêveur et un sourire niais aux lèvres, en buvant stupidement son café. Sally compris alors que Katie aimait Antoine, et que Sally ne pourrait supporter la présence de cet homme.
-Je dois retourner chez moi, dit précipitement Sally en se levant.
-Mais pourquoi? Voulut savoir Katie.
-Je… j'ai un gros travail à faire, du genre, des dizaines de pages, et je ne l'ai pas emmené, si je le fais pas, je.. je vais me faire suspendre et rater mes examens, je…
-Bon, très bien chérie. Vas chercher ton sac on va aller à l'arrêt de bus ensemble.
***
Oui, décidément, Sally était une excellente menteuse. Elle avait réussi à faire croire à Katie qu'elle devait partir au plus vite.
Non, il n'y avait aucun travail à remettre, aucun devoir, les profs avaient été cool vendredi dernier. Non, Sally n'était pas obligée de revenir à St-Gerard-De-La-Route, mais c'est qu'elle était terrorisée à l'idée de croiser Antoine Messier.
À chaque instant, elle ressentait encore et encore la douleur, se ressassait les horribles images dans sa tête, et sentait l'haleine de bière d'Antoine si véritablement qu'elle tournait constamment la tête, de peur qu'il soit là, prêt à se jeter dessus comme une bête sauvage.
C'était le soir, c'était le dimanche soir. Sally était assise, toute seule, dans la cour arrière de la maison des jeunes, appuyée contre le mur. Elle n'avait même pas pris la peine de prendre son mp3. Elle n'avait plus envie d'écouter de la musique, elle n'avait pas envie de rien. Elle ne pleurait même plus.
En soi, elle allait bien, sa tête était vide. Elle était seule, dans ce silence pesant, la température était parfaite, le ciel étoilé, et son joint commençait à faire effet, ce qui rendait le tout encore plus beau.
Même Spencer n'arrivait pas à troubler cette accalmie. Non, rien ne viendrait gâcher ça.
-Sally, c'est toi?
C'était Brendon. Il s'avança jusqu'à la hauteur de son amie et s'assit à côté d'elle.
Il était bien le dernier garçon avec qui Sally se sentait à l'aise. Elle se blottit dans les bras de son ami de longue date.
-Alors, ton escapade dans la grande ville, c'était comment? Demanda Brendon.
-Pas si mal…
-Oh, pas tellement sincère, la petite Sally ce soir!
Sally soupira et une larme coula sur sa joue. Brendon se leva.
-On va faire la fête, d'accord?
Sally le suivit. Il lui sembla que la marche était longue, tellement longue. Et elle était tellement fatiguée qu'au bout d'un moment elle dit qu'elle retournait chez elle.
-Non, non! Insista Brendon. On arrive, regarde, c'est juste là.
Il pointait une grande et somptueuse maison. Il sembla à Sally que c'était fort probablement la demeure d'un élève du Collège. Elle était mal à l'aise d'y entrer, mais maison riche signifiait beaucoup d'alcool. Et Dieu sait qu'elle avait besoin de noyer sa peine.
Elle et Brendon entrèrent sans problème. Heureusement, il n'y avait pas seulement des personnes du Collège. Brendon la laissa toute seule pour aller draguer un petit groupe de filles, alors Sally monta au deuxième étage. Il n'y avait personne, ici. Mais il y avait trop de monde au salon, il fallait qu'elle respire un peu. La tête lui tournait et elle se rappela qu'elle supportait très mal le mélange drogue/alcool. Elle s'effondra sur le palier, provoquant un gros bruit.
Quelqu'un ouvrit une porte et s'approcha. Sally avait du mal à respirer et ses yeux fermaient tous seuls. Pourtant, elle vît Spencer se pencher sur elle.
-Sally? Qu'est-ce qui t'arrive?
Spencer! Il allait pouvoir la sauver, lui. Ouais. Sally sentait ses forces l'abandonner. Une fille s'approcha.
-Chéri? Elle est malade? Qui c'est? Une de tes amies? Spencer chéri.. ?
Spencer chéri. Oui, bien sûr, il s'était fait une petite amie, et Sally vît disparaître tous ses espoirs de bonheur. Elle gémit de douleur et perdit conscience.
À SUIVRE