Fictions

Welcomee chers lecteurs! Mon nom c'est Mariah.. et oui j'adore MCR et P!ATD.. et j'aime écrire [[ comme vous pourrez le constater.. ]]

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Forum :: ICI.

Mais si t'as un peu de temps à perdre, tu peux lire mes histoires! Si toi aussi t'en écris, laisse moi ton sky, j'irai faire un tour ^^ Pi si t'en écris pas, laisse moi ton sky, j'irai quand même faire un tour!
Bonne lecture!
# Posté le jeudi 08 mars 2007 20:14
Modifié le lundi 30 avril 2007 07:11

MISERY LOVES ME (But I Hate Misery)



MISERY LOVES ME (BUT I HATE MISERY)


Chère Katie,
J'es
père que tu te portes bien. En tout cas, voici un peu de mes nouvelles.
Francine
est toujours aussi non-maternelle à mon égard, et toujours aussi chiante. Je sais très bien qu'elle m'a adoptée, mais je commence à me demander pourquoi elle a fait ça. Peut-être parce qu'elle ne s'attendait pas à avoir une fille aussi stupide que moi…
E
nfin bref. Si je t'écris cette lettre, c'est parce qu'il m'arrive quelque chose de vraiment bizarre
J'ai bien
peur d'être en train de tomber amoureuse.
Il s'appele Spencer. Rien à voir avec les "kicks" qu'on a au primaire. Ça m'effraie un peu… Il ne vient pas à la même école que moi, non non. Il va à un collège privé et il est très riche. C'est pas comme moi à la poly, et avec l'appartement miteux dans lequel j'habite avec ma waitress mère adoptive. Lui, sa maison est grande et il a tout ce qu'il veut.
Je
l'ai rencontré à la maison des jeunes. Moi, Brendon et Brooke on était à l'extérieur en train de fumer un joint. Là, Spencer est arrivé. Brooke lui a dit "Hé le fils de riche.. tu t'en vas, t'as rien à faire ici."
Mais il avait l'air tellement désespéré.. Moi je lui ai parlé. Je sais pas si c'était mon joint, mais j'étais pas gênée. Finalement, les 2 autres l'ont laissé fumer avec nous.
Le
lendemain, il est pas venu.
Ni
une semaine plus tard.
Ça a
été 14 jours après (hier) qu'il est revenu.
C'était le
soir, il faisait frais et je n'avais pas de veste. Je ne portais que mon t-shirt de My Chemical Romance. La maison des jeunes était fermée, mais comme à l'habitude, la clôture n'était pas verrouillée. J'étais assise contre le mur de la bâtisse et j'écoutais de la musique. Je regardais les étoiles. Je fumais, aussi. Encore un joint.
Là, je l'ai vu s'approcher. Il portait des pantalons propres et chics et un débardeur que je qualifierais de "quétaine". Il avait des sacs dans les mains. J'ai fermé mon lecteur mp3 (j'ai réussi à m'en payer un en volant le porte-feuille d'un gars dans mon école). Il m'a saluée. Je lui ai répondu en allumant mon joint. Il m'a demandé ce que je faisais là et je lui ai retourné la question. Il a répondu: "Je viens me changer de vêtements.."
"Pourquo
i?"
"P
arce que je m'en vais à une fête et mes parents croient que je suis parti travailler sur un exposé d'histoire."
"Mais
t'aurais pas pu te changer chez toi?"
"
Non, mes parents trouvent ces vêtements indécents."
"J'ai h
âte de voir ça."
Là,
il est parti derrière un pan de mur et il est revenu quelques instants après. Il portait un veston noir et des jeans troués au genoux! Ça, indécent? J'ai éclaté de rire et il s'est assis à côté de moi. Il m'a expliqué que ses parents étaient super conservateurs. Il m'a aussi dit que deux semaines plus tôt, quand il avait pris de la drogue avec moi et qu'il était rentré chez lui, son père s'en était rendu compte. Spencer avait dû inventer une histoire du genre.. que c'était pour tester comment on se sentait sous l'effet de la drogue.. parce qu'il voulait savoir, pour son travail, plus tard.
J'ai encore
ri et j'ai tendu le joint à mon nouvel ami. Finalement, on s'est rendus au party ensemble. C'était chez un de ses amis du collège. On a fini assis dans un coin du salon à discuter de musique (il avait remarqué mon T-shirt).
J
e suis rentrée chez moi quelques heures plus tard, complètement saoule. Bien sûr, Francine n'était pas là, elle venait tout juste de se rendre à son travail.. Je suis allée me coucher…
Je
l'aime tellement ce gars là, Katie. Ça me fait mal tellement je l'aime.
Qu'e
st-ce qu'il faut que je fasse? …
Fais at
tention à toi..
R
éponds moi vite.
Je t'
adore,
Sally xxx


***


Sally e
st une adolescente de seize ans. À première vue, elle est comme tous les autres jeunes de son âge. Les gens qui la croisent dans la rue voient une fille habillée en noir et aux cheveux roux coupés excentriquement. Les plus snobs n'apprécient pas ses vieux jeans troués et ses vestes aux messages noirs. Ils n'aiment pas son maquillage écarlate. Les gens trouvent qu'elle a des yeux de vipère. Ils trouvent qu'elle a l'air méchante.
Mais quand on prend le temps de la connaître, Sally n'est pas comme les autres. Quand on réussit à perçer les secrets de cette jeune femme, on découvre une personne brisée par la vie. Mais malgré cela, Sally est extrêmement généreuse. Elle donne beaucoup d'amour aux gens qu'elle aime.
C
e soir, Sally marche dans les rues de sa petite municipalité. Elle vient d'aller poster une lettre à sa meilleure amie Katie, qui habite à Montréal.
Ka
tie, c'est comme sa sœur. Elle a dû quitter St-Gerard-De-La-Route trois ans plus tôt. Elle avait lâché l'école et était partie gagner sa vie en ville.
Pour y arriver, Katie avant tenté des petits boulots -dans les fastfood, dans les épiceries- mais jamais un employeur la gardait très longtemps. Elle s'était fait enrôler en tant que prostituée.
Sally so
ngeait à tout ça, à sa "sœur" et à Spencer, aussi…
Elle songeait aussi à combien seule elle était dans ce monde qui bougeait trop vite pour elle. Cela faisait longtemps qu'elle avait cessé de suivre le courant.
Et p
uis, suivre qui, au juste?
Se
s amis, à part Katie, se nomment Brooke et Brendon. Ils se fréquentent mais s'engeulent toujours pour des stupidités du genre "Tu m'as pas appelée hier soir!" ou bien "Tu dragues les autres garçons!"…
Ils sont gentils, oui, bien sûr. Mais tout le monde sait comme ce n'est pas agréable d'être accompagné d'un couple. On a toujours l'impression d'être de trop.
Et
de toute façon, Sally n'est pas très proche de Brendon ou de Brooke.
P
eut-être que vous ne savez pas ce que c'est, quand personne ne nous aime vraiment…
Qu
and on entre dans notre chambre et qu'on sait qu'on ne manque à personne…
Sally
marche toute seule, ce soir. Elle n'ira pas à la maison des jeunes. Elle n'ira probablement nulle part. Il n'y a nulle part où aller quand la vie nous a brisé.



2ième partie


Ma très chère Sally
Je sui
s profondément désolée de ce qui t'arrive. Je veux dire… Ton Spencer…
Tu
l'aimes beaucoup, n'est-ce pas?
Pour toi
, il n'est peut-être pas trop tard, tu peux avoir une belle vie, tu peux être heureuse. Il faut que tu te ressaisisses. Il faut que tu lui dises ce que tu ressens pour lui.
A
vec cette lettre, j'ai inséré dans l'enveloppe un billet d'autobus pour Montréal Aller/Retour. Viens passer quelques jours ici, on te changera les idées. D'accord?
Je t'ado
re, ma pauvre petite sœur.
T
u me manques.
Katie xxx


Sal
ly rangea soigneusement le billet ainsi que la lettre entre les pages de son journal intime et sortit de sa chambre. Elle prit son sac sur le dossier d'une chaise dans la cuisine et ouvrit la porte. Une fois à l'extérieur, elle respira un bon coup.
Plu
s qu'une journée d'école et elle irait rejoindre Katie. Tout se passerait bien.
C'
était une journée comme toutes les autres, un vendredi ordinaire. Ce jour de la semaine, par contre, il régnait une sorte de fébrilité collective. C'est comme si, en entrant dans l'enceinte de leur polyvalente, les élèves se disaient qu'une chose "C'est la dernière avant 48h de liberté!".
Po
ur une fois, Sally ne faisait pas exception à la règle.
E
lle marchait d'un pas décidé, les yeux fixés sur ses souliers. Ce qu'elle adorait ces chaussures! Ces "faux Converse" trouvés à la friperie du coin, pour la modique somme de dix beaux dollars, ces souliers qu'elle avait barbouillés à l'aide d'un crayon permanent
O
ui, elle aimait ses souliers.
Une musique rock résonnait dans ses écouteurs bon marché. Ses souliers et sa musique, et sa sœur très bientôt. Que lui fallait-il de plus?
Ce ma
tin, Sally était heureuse. Elle ne savait pas pourquoi. Elle s'était levée du bon pied, avant même d'ouvrir la lettre de Katie. Et puis, ce soleil éclatant qui réchauffait un peu, et le chanteur qui hurlait continuellement "WE'LL CARRY ON!", et ses souliers, encore en vie après deux ans…
Sans tr
op s'en rendre compte, elle prit un chemin différent. Ses pieds avaient décidé de prendre cinq minutes de marche de plus! Eh bien… d'accord!
C'é
tait la première fois que Sally passait par ici lorsqu'il faisait soleil. Habituellement, elle y allait seulement la nuit pour se rendre dans les fêtes.
Il y avait u
n collège, au bout d'une rue adjacente.
Tant pis si elle arrivait en retard à son cours d'Histoire…
E
lle s'arrêta quelques instants devant cette cour d'élèves en uniforme. Comment pouvaient-ils endurer d'être tous habillés de la même façon, tous les jours?
Cela, Sally ne l'avait jamais compris.
Tout au
fond, assis sur un banc, il y avait… Spencer. Spencer et un autre garçon.
Oserait
-elle traverser cette jungle bleu-marine inconnue pour son beau fils de riche?
Non
, elle n'oserait pas.
E
lle tourna les talons et monta le volume le plus possible, enfonçant ses écouteurs sur ses oreilles.
WE'LL CARRY ON.
D
o or die
You'll nev
er make me
Because th
e world will never take my (heart)
Y
ou can try, you'll never break me
You want it
all, you want to play this (part)
I won'
t explain or say I'm sorry
I
'm unshamed, I'm gonna show my (scar)
Give a cheer for
all the broken,
List
en here! Because it's who we (are)
WE'LL
CARRY ON.

Est-ce que
ça valait vraiment la peine de continuer?
Est-ce vraiment de
l'amour qu'elle ressentait pour Spencer? Elle qui était si heureuse le matin, dès qu'elle l'aperçoit, son moral descend en flèche!
Est-ce que c'est ça, l'amour? Être triste pour quelqu'un? C'est ça?
Eh bi
en, c'est horrible.
Le casier de Sally était dans le même désordre que la veille, rien n'avait changé.
Elle laissa
son lecteur mp3 là et prit quelques cahiers. Finalement, elle n'était pas en retard. Non.
Elle passa devant B
rendon et Brooke sans les regarder et alla s'asseoir dans le local d'Histoire. La prof la salua et continua sa lecture d'un bouquin de l'épaisseur d'un dictionnaire.
Quelle idiot
e! Pensa Sally. C'est toujours la même histoire. Tu es heureuse, là, tu penses à Spencer puis PAF! Le bonheur s'envole.
La cloc
he sonna et une marée d'élèves s'engouffrèrent par groupe de deux ou trois dans la salle. Lorsque tout le monde fût assis sur les chaises inconfortables, devant des bureaux trop petits ou trop grands pour eux, la prof se leva et entreprit son cours.
Bla bla bla Louis
Riel bla bla bla bla bla l'Angleterre bla bla bla bla …
Sally
n'arrivait plus à se concentrer. Ses yeux fermaient tous seuls… elle n'avait pas dormi, cette nuit… Elle laissa tomber son crayon et se coucha la tête sur son bureau. Juste quelques instants… pas trop, non… juste pour…
DRRRI
IIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNGGGGGGGGGG
Sa
lly se redressa et soupira. Elle s'était endormie. Tant pis, elle demanderait les notes de cours à Brooke ou à Brendon.
Elle
sortit de la pièce et se dirigea vers la porte. Elle allait respirer un peu d'air frais avant d'aller se faire bourrer le crâne avec des Sciences Physiques incomphensibles.
Au bout du
terrain de l'école, il y avait un groupe de jeunes. Un groupe? Un attroupement, plutôt. C'était sûrement une bataille stupide. Mais deux gars passèrent devant elle et l'un d'eux s'écria:

-C'est
un gars du Collège contre Frank! On y va!

Combien
de chances sur 100 y avait-il pour que ce soit Spencer? 1%. Mais Sally s'avanca tout de même.
Oui, b
ien sûr.
C'était asse
z simple à deviner.
C'était Spencer.



3ième partie


Sall
y s'élança dans la cour et s'arrêta à la hauteur de la bataille. Autour d'elle, les gens encourageaient Frank Iero, le gars de leur école qui frappait Spencer. Ce dernier se faisait huer. Finalement, deux profs vinrent séparer les élèves et renvoyèrent Spencer au Collège. Sally restait troublée. Elle attendit que l'attroupement s'évapore et partit à la suite de Spencer. Elle le rattrapa rapidement. Il se tourna vers elle, le nez ensanglanté.

-
Qu'est-ce qui t'a pris de venir? Demanda Sally.

S
pencer se remit à marcher d'un pas pressé, mais elle ne le quittait pas d'une semelle.

-J
'étais venu te voir, répondit-il.
-Mais…
-Je t'avais vue passer devant le Collège, mais tu n'as pas arrêté.
-Parce que nos deux écoles se détestent. Tu savais tellement qu'en venant à la Poly, tu te ferais sauter dessus…

Spencer haussa les épaules et ralentit la cadence. Il épongea le sang sur son nez avec sa manche et eut un soupir.

-C'est Frank qui me déteste, c'est tout. Je lui ai dit d'aller chier et il s'est jeté sur moi.
-La prochaine fois que tu veux me voir, passe à la maison des jeunes, sans uniforme. T'auras moins de chances de te faire casser la figure.
-
Merci du conseil.

I
ls restèrent plantés l'un devant l'autre quelques instants, puis, Spencer salua Sally et la quitta. Elle ne pouvait plus retourner à l'école à présent, elle s'en sentait incapable. Elle attendit quelques instants et se dirigea vers l'école, tout deme. Elle n'allait pas laisser son précieux lecteur mp3 dans son casier, tout deme!

***


L'autobus
était presque vide. À l'avant, il y avait un monsieur d'un certain âge qui lisait le journal. Derrière Sally, des femmes (qu'on pourrait qualifier de "matantes" discutaient d'un ton surexcité à propos de recettes de veau.
Sally avait voulu économiser les piles de son mp3, mais là, c'était trop ennuyant, il fallait qu'elle étouffe le bruit environnant.
L
e paysage avait drôlement changé depuis le début du trajet. Il était passé de "forêts et rivières" à "grattes-ciels et ponts". Sally enfonça ses écouteurs dans ses oreilles et ferma les yeux, le front appuyé contre une fenêtre.
WELL HEAVEN KNOWS…
Th
at without you is how I disappear
A
nd live my life alone forever now.
Wit
hout you is how I disappear
FOREV
ER NOW…
Ca
n you hear me cry out to you?
Wor
ds I thought I'd choke on figure out…
I
'm really not so with you anymore
I'
m just a ghost.
SO I
CAN'T HURT YOU ANYMORE.

L'
autobus freina doucement et Sally fût la dernière descendue. L'arrêt, pour elle, était au beau milieu de nulle part. Elle se sentait terriblement seule, à vingt-trois heures, en plein centre ville de Montréal, sous la pluie fine qui tombait. Elle prit une inspiration, replaca son sac sur son dos et marcha droit devant elle. Katie lui avait dit, au téléphone, de la retrouver en face du Métropolis, parce qu'il y avait un concert ce soir là, et elle l'attenderait à la fin. Oui, c'est ça. Katie allait voir Forgive Durden en concert et lui avait demandé de l'attendre à la sortie.
Sally re
monta son capuchon sur sa tête pour se couvrir des gouttes de pluie froides qui la faisait frissonner.
Non, elle n'aimerait jamais Montréal. C'était bien, en soi, une ville. Mais même entourée de tous ces grattes-ciels, de tous ces gens, on était seul. Encore plus qu'à St-Gerard-De-La-Route, avec ses rivières solitaires et ses petits chemins de terre.
WELL WHEN YOU GO
Don't eve
r think I'll make you try to stay.
A
nd maybe when you get back
I'll be
off to find another way.
I don't l
ove you
Like I
did
YESTER
DAY.

À c
roire que Forgive Durden n'avait pas fait déplacer beaucoup de public (ou peut-être était-ce à cause de la pluie) mais la belle Katie était seule, appuyée contre la facade du Métropolis. Sally s'approcha d'elle et sa meilleure amie la regarda longuement.

-Sally,
tu as tellement changé… dit Katie, émue. Tu as tellement…
-N
e me dis pas que j'ai grandi, je t'en prie.

E
lles s'étreignirent longuement. Katie sentait bon. Sally avait toujours pensé cela. Elle sentait bon les fleurs et elle était belle. Elle était grande, mince, et blonde. Les garçons l'adoraient. Elle avait plein d'amis.
Elle
était intelligente et douée à l'école.
Tout le
contraire de Sally, quoi.

-Bon, é
coute, Sally… je pars travailler dans quinze minutes… s'excusa Katie.
-Tu travailles où, maintenant? S'informa Sally.
-
Eum… dans un bar.
-…
-J
e danse dans un bar.
-…
danser.. dans le sens..

Katie eut
un sourire désolée.

-Ça
valait toujours mieux à mes yeux que de coucher avec des inconnus. Je vais te conduire à l'appartement, et tu pourras aller dormir.

Sally su
ivit son amie, un peu troublée.




4ième partie


Sally était seule dans
l'appartement. Les deux colocs de Katie étaient absentes.
Elle commença
par s'installer. Elle rangea son sac dans la chambre de son amie, troqua son T-Shirt pour un cotton ouatté confortable et s'affaissa dans le divan. Elle ne cessait de songer à Spencer. Son beau Spencer. Jamais personne ne lui avait déjà fait cet effet là. C'était différent. Elle aimait tout de lui. Sa coupe de cheveux classe, avec sa petite frange… Sa bouche attirante, ses yeux d'un marron étrange… Sa voix, grave et sensuelle… Son sourire à un million de dollars… Sally savait qu'elle l'aimait. Et c'était terrible aimer quelqu'un à ce point là. Elle aurait été prête à tout pour lui. Pas pour l'avoir, non. Mais pour qu'il soit heureux. Avec elle, ou avec une autre fille. Elle aurait été prête à sacrifier n'importe quoi juste pour le bonheur de Spencer Smith.
Elle s
avait aussi qu'elle ne l'aimait pas seulement pour sa beauté frappante et presque désarmante, elle l'aimait parce qu'il la faisait sentir quelqu'un. Quand le regard de Spencer se posait sur elle, Sally devenait quelqu'un. Elle n'était plus fille de waitress, elle n'était plus la lionne enragée, elle n'était plus la fille bizarre du cours de maths, non. Elle devenait Sally Beckett, la grande, celle que Spencer regarde.
À l'école, Sa
lly était au courant que de nombreuses filles avaient remarqué Spencer. Normal, il est difficile de le manquer, il est plutôt grand…
C'était un
tombeur, toutes les jolies petites blondes devaient déjà être sorties avec lui. Parce qu'au Collège, toutes les filles étaient blondes, et elles étaient toutes très minces et très belles aussi. Leurs parents pouvaient leur payer des beaux vêtements et du maquillage. Au Collège, ces filles là aimaient Spencer parce qu'il était beau et encore plus riche qu'elles.
Sally aimait Spence
r pour ses grandes jambes trop minces, et pour ses oreilles qui lui donnaient l'air d'un elfe.. (D'ailleurs, après avoir constaté cela, elle avait tapissé ses murs de photos d'Orlando Bloom dans son rôle de Legolas..) Elle l'aimait parce qu'il était vraiment trognon quand il était de mauvaise humeur.
El
le l'aimait.
Et ce soir, Spencer
lui manquait.
Et elle éta
it toute seule. Et elle n'était ni blonde, ni mince, ni belle. Et elle n'avait jamais fait l'amour avec personne, et elle n'était jamais sorti avec des garçons.
Et ce soi
r, elle voulait mourir.
Sally ferma les ye
ux et une unique larme coula le long de sa joue. On cogna à la porte. Elle supposa que c'était une des coloc alors elle se leva et alla ouvrir.
Elle s'
était trompée: en fait, c'était un homme d'une vingtaine d'années au sourire très blanc.

-Kati
e n'est pas là? Demanda-t'il.
-Non.
-Et Jackie? E
t Audrey?
-Non plus.
-J
e suis… un client…

Ah,
bien sûr. L'un des nombreux hommes avec qui Audrey, Jackie et Katie avaient couché. Ce soir, il s'était probablement disputé avec sa petite amie, et il avait pris sa veste, claqué la porte, pris l'autobus en quête de consolation pas trop chère, parce que Katie devait lui faire un prix d'ami.

-Je m'
appele Antoine. Je peux entrer?

S
ally ne se sentait pas très à l'aise avec lui, mais ne savait pas trop comment réagir. Peut-être que si elle lui fermait la porte au nez, il ne reviendrait plus jamais, et Katie avait besoin de cet argent pour vivre… Alors Sally n'eut pas trop le choix, elle se tassa sur le côté et laissa Antoine entrer. Il alla ouvrir le réfrigérateur sans façons et se pris une bière dont il cala la moitié d'une seule traite. Sally était toujours debout près de la porte qu'elle avait refermée à contre cœur. Antoine alla s'asseoir sur le divan et tapota la place libre d'à côté.

-Viens t
'asseoir, allez.

Mais Sally
resta immobile et silencieuse.

-Tu sa
is quand elles vont revenir? Demanda Antoine.

Sally eut un
hochement de tête négatif, ce qui sembla rendre Antoine très en colère. Il se mordit la lèvre inférieure et jeta un regard avide à Sally.

-Si j
e te paie, est-ce que…
-
Non, répondit Sally sans attendre la fin de la question. Non, je ne veux pas.
-Je te donnerais
beaucoup d'argent, allez… Tu es si belle. Comment tu t'appeles?
-Allez-v
ous en, je vous en prie. Je dirai à Katie que vous êtes passé.

Antoine
se leva et Sally eut l'impression qu'il allait partir. Il s'approcha d'elle et plaqua sa main sur sa poitrine. Elle recula contre le mur.

-Al
lez-vous en, répéta-t'elle d'une voix tremblante.
-Mais non, pas a
vant d'avoir eu ce que j'étais venu chercher.

Les larm
es inondaient le visage de Sally. Elle aurait voulu hurler mais aucun son ne sortait de sa bouche. Antoine lui prit brutalement le bras et la projeta au sol. Sa tête se cogna douloureusement contre le coin de la table basse, étourdissant Sally. Antoine s'agenouilla et plaqua son corps contre le sien. Son haleine puait la bière et ses yeux étaient déments. Sally le gifla mais il éclata de rire en glissant ses mains sous son chandail. Elle tenta de l'éloigner mais il était plus fort qu'elle. Ses doigts parcoururent son corps. Elle espérait que ça se termine là, et qu'elle puisse aller dormir et peut-être même ne plus jamais se réveiller. Non. Elle ferma les yeux et entendit le bruit qu'elle ne voulait surtout pas entendre, celui d'une ceinture qu'on déboucle et d'une fermeture éclair qu'on descend.
Antoine allait la prendre sans sa permission. Il allait lui faire très mal et cela gâcherait sa vie. Sally était consciente de ce qui se passait. Elle essaya une dernière fois de le repousser mais trop tard; la véritable horreur s'enclancha. Enfin, elle put émettre un son. Un gémissement de douleur. Elle se tortilla, tentant de s'extirper des griffes de son agresseur mais cela n'eut qu'un effet, celui d'augmenter le plaisir d'Antoine et ce dernier redoubla sa cadence. La souffrance était telle que Sally pensait mourir. Puis, elle se rendit compte que ce n'était plus la pénétration qui lui faisait mal, mais bien ses poumons qui réclamaient de l'air. Mais prise de panique, elle ne pouvait pas respirer.
Anto
ine, le front perlé de sueur, se retira et quitta l'appartement avec un claquement de porte. Sally resta étendue sur le sol froid, recoquevillée sur elle même, ses pantalons toujours aux chevilles. Elle pleura de tout son soûl.
Oui, mainten
ant elle en était certaine. Elle voulait mourir.

À suivre
# Posté le jeudi 08 mars 2007 20:28

MISERY LOVES ME (But I Hate Misery)

5ième partie

Lorsque Sally se réveilla, il lui fallut quelques secondes pour comprendre pourquoi elle était aussi triste, pourquoi elle se sentait aussi souillée et minable, à réaliser toute l'ampleur de son affliction. Elle ouvrit les yeux et se redressa péniblement.
Le soleil filtrait à travers les rideaux délabrés de la pièce. Elle avait dormi dans la chambre d'Audrey (une des coloc de Katie), dans le même lit qu'elle. Cela ne l'avait pas dérangée le moins du monde, elle était sûre de se réveiller si Antoine revenait…
Mais ce matin, Sally était toute seule et l'appartement était silencieux. Elle savait qu'Audrey travaillait de jour dans un fast-food, que Jackie elle, travaillait de soir dans la rue… (à cette pensée, Sally eut pitié de Jackie), et que Katie, maintenant, avait abandonné la prostitution pour se consacrer à la danse striptease dans un bar.
Alors, probablement que Jackie et Katie dormaient encore.
Sally sortit du lit et enfila des vêtements, une paire de jeans troués, une mini-jupe noire saturée de chaînes et d'épingles, un t-shirt noir écrit "LOVE IS SUICIDE" dessus et sa veste préférée. Elle alla à la cuisine et fût surprise d'y voir Katie, assise à la table, en train de boire un café.

-Bon matin ma chérie, dit Katie. Café?
-Non merci.
-Ah c'est vrai, toi, tu es du type British, toi t'aimes le thé. Désolée, j'en ai pas.
-C'est pas grave.

Sally alla s'asseoir à côté de son amie et lui fît un sourire qui sonnait faux.

-J'adore ta jupe, lanca Katie. Elle est courte, mais pourquoi tu portes des jeans en dessous?
-On est pas toutes belles comme toi.
-Mais…

Sally fît taire son amie du regard. Katie prit une gorgée de café et demanda:

-Est-ce que quelqu'un est passé hier soir, quand j'étais pas là?

Sally se crispa sur sa chaise. Pendant un instant, elle crut qu'elle allait craquer, qu'elle allait se mettre à hurler, tellement elle avait peur. Son cœur se mît à battre si fort qu'elle était certaine que Katie l'entendait. Mais elle savait qu'elle devait garder son calme, et qu'elle ne devait pas le dire à Katie, parce que Katie arrêterait de coucher pour l'argent, et elle se retrouverait à la rue, et Sally ne voulait pas décevoir son amie, ni lui faire de mal.

-Oui, répondit-elle avec un sang-froid déboussolant. Ouais, un gars là…
-Grand, aux cheveux châtains, vraiment sexy, là?
-Hhm Hhm….
-Antoine Messier?
-Oui.

Katie soupira et tomba dans la lune, un regard rêveur et un sourire niais aux lèvres, en buvant stupidement son café. Sally compris alors que Katie aimait Antoine, et que Sally ne pourrait supporter la présence de cet homme.

-Je dois retourner chez moi, dit précipitement Sally en se levant.
-Mais pourquoi? Voulut savoir Katie.
-Je… j'ai un gros travail à faire, du genre, des dizaines de pages, et je ne l'ai pas emmené, si je le fais pas, je.. je vais me faire suspendre et rater mes examens, je…
-Bon, très bien chérie. Vas chercher ton sac on va aller à l'arrêt de bus ensemble.

***

Oui, décidément, Sally était une excellente menteuse. Elle avait réussi à faire croire à Katie qu'elle devait partir au plus vite.
Non, il n'y avait aucun travail à remettre, aucun devoir, les profs avaient été cool vendredi dernier. Non, Sally n'était pas obligée de revenir à St-Gerard-De-La-Route, mais c'est qu'elle était terrorisée à l'idée de croiser Antoine Messier.
À chaque instant, elle ressentait encore et encore la douleur, se ressassait les horribles images dans sa tête, et sentait l'haleine de bière d'Antoine si véritablement qu'elle tournait constamment la tête, de peur qu'il soit là, prêt à se jeter dessus comme une bête sauvage.
C'était le soir, c'était le dimanche soir. Sally était assise, toute seule, dans la cour arrière de la maison des jeunes, appuyée contre le mur. Elle n'avait même pas pris la peine de prendre son mp3. Elle n'avait plus envie d'écouter de la musique, elle n'avait pas envie de rien. Elle ne pleurait même plus.
En soi, elle allait bien, sa tête était vide. Elle était seule, dans ce silence pesant, la température était parfaite, le ciel étoilé, et son joint commençait à faire effet, ce qui rendait le tout encore plus beau.
Même Spencer n'arrivait pas à troubler cette accalmie. Non, rien ne viendrait gâcher ça.

-Sally, c'est toi?

C'était Brendon. Il s'avança jusqu'à la hauteur de son amie et s'assit à côté d'elle.
Il était bien le dernier garçon avec qui Sally se sentait à l'aise. Elle se blottit dans les bras de son ami de longue date.

-Alors, ton escapade dans la grande ville, c'était comment? Demanda Brendon.
-Pas si mal…
-Oh, pas tellement sincère, la petite Sally ce soir!

Sally soupira et une larme coula sur sa joue. Brendon se leva.

-On va faire la fête, d'accord?

Sally le suivit. Il lui sembla que la marche était longue, tellement longue. Et elle était tellement fatiguée qu'au bout d'un moment elle dit qu'elle retournait chez elle.

-Non, non! Insista Brendon. On arrive, regarde, c'est juste là.

Il pointait une grande et somptueuse maison. Il sembla à Sally que c'était fort probablement la demeure d'un élève du Collège. Elle était mal à l'aise d'y entrer, mais maison riche signifiait beaucoup d'alcool. Et Dieu sait qu'elle avait besoin de noyer sa peine.
Elle et Brendon entrèrent sans problème. Heureusement, il n'y avait pas seulement des personnes du Collège. Brendon la laissa toute seule pour aller draguer un petit groupe de filles, alors Sally monta au deuxième étage. Il n'y avait personne, ici. Mais il y avait trop de monde au salon, il fallait qu'elle respire un peu. La tête lui tournait et elle se rappela qu'elle supportait très mal le mélange drogue/alcool. Elle s'effondra sur le palier, provoquant un gros bruit.
Quelqu'un ouvrit une porte et s'approcha. Sally avait du mal à respirer et ses yeux fermaient tous seuls. Pourtant, elle vît Spencer se pencher sur elle.

-Sally? Qu'est-ce qui t'arrive?

Spencer! Il allait pouvoir la sauver, lui. Ouais. Sally sentait ses forces l'abandonner. Une fille s'approcha.

-Chéri? Elle est malade? Qui c'est? Une de tes amies? Spencer chéri.. ?

Spencer chéri. Oui, bien sûr, il s'était fait une petite amie, et Sally vît disparaître tous ses espoirs de bonheur. Elle gémit de douleur et perdit conscience.

À SUIVRE
# Posté le jeudi 15 mars 2007 20:58
Modifié le samedi 17 mars 2007 08:06

Misery LOVES me ..

6ième partie

Migraine, chagrin et le cœur qui serre.
Sally n'ouvrit pas les yeux tout de suite, son réveil avait été trop brutal. La pièce où elle se trouvait sentait bon. Dans le moment, Sally n'aurait pas pu expliquer pourquoi, mais l'odeur lui plaisait.
Elle commença par se demander pourquoi elle était si malheureuse, mais la voix inquiète de Brendon l'interrompit sans son questionnement et la ramena à la réalité.

-Je pense qu'il faudrait l'emmener à l'hôpital. Je veux pas perdre ma Sally, je l'aime beaucoup, tu sais?
-Moi aussi je tiens à elle, Brendon… Mais attendons un peu avant d'aller directement aux urgences. T'imagines expliquer à tes parents que t'es allé à une fête, que toi et ton amie vous vous êtes saoulés et que là, elle a fait un genre d'overdose?

Cette voix grave et sensuelle appartenait à Spencer. Et maintenant, Sally cliqua que l'odeur qu'elle aimait tant lui appartenait également. Son cœur qui semblait ne plus jamais vouloir battre il y a quelques secondes, maintenant, pompait si fort que cela lui faisait mal. Oui, tout lui revint en tête, maintenant. Sally avait fumé beaucoup de drogue, parce qu'elle était triste à cause d'Antoine. Elle avait suivi Brendon jusque dans une fête, et elle avait encore fumé, et encore bu. Puis elle était montée en haut et elle était tombée.
Et c'est là que la blondasse était arrivée au bras de Spencer.
Et elle l'avait appelé "mon chéri".
Et elle était plus belle que Sally.
Plus mince aussi.
Et Spencer l'aimait, elle.
Pas Sally.
Non, non.

-Je crois qu'elle se réveille! Lanca une voix féminine. Bon, Spencer, on va dormir, là?
-Mais non! Coupa celui-ci. Si t'es fatiguée, vas-y, vas dans la chambre d'ami, moi je reste ici avec elle.
-Tu peux y aller, dit Brendon. Je m'occupe de Sally…

Il y eu du bruit, dont deux raclements de chaises. Brendon dit quelque chose du genre : "Merci de lui prêter ta chambre, Spencer…", et l'autre avait répondu : "Mais il fallait que je le fasse, tu sais bien…", et une porte s'était fermée.
Donc, Sally était dans la la maison, dans la chambre et même dans le lit de Spencer. Probablement que ses parents étaient absents et, avec l'aide de Brendon et sous les soupirs découragés de Blondasse, -quel beau prénom, n'est ce pas!- il avait ramené Sally ici.
Elle sentit Brendon déposer un baiser sur sa joue et nicher sa tête dans son cou.
Sally ouvrit les yeux.

-Oh, s'étonna Brendon en prenant une teinte écarlate. Je savais pas que t'étais réveillée… Comment tu te sens? Est-ce que tu veux aller à l'hôpital?
-J'ai mal au cœur.. à la tête.. sinon.. ça va, répondit Sally.
-On est chez Spencer. C'est lui qui t'a trouvée. Tu te souviens?

Sally hocha la tête pour dire oui. Elle se sentait tellement fatiguée, comme si quelqu'un avait aspiré toute son énergie.

***

Le mardi matin, Brendon vint cogner chez Sally. Il espérait qu'elle vienne à l'école, il ne fallait pas qu'elle prenne trop de retard, qu'il lui avait dit.
Sally l'avait suivi mais avait insisté pour qu'ils passent devant le Collège.
Pendant que Sally s'éternisait à relacer ses Converse devant l'école privée, Brendon s'alluma une cigarette.

- T'avais pas arrêté? Demanda Sally en posant son regard sur la marée d'élèves en uniforme bleue marine.
- Eh bien, oui j'avais, soupira Brendon. T'en veux une?
- Avec plaisir, répliqua Sally en prenant la cigarette que lui tendait son ami.

Ils s'assirent sur le côté du trottoir pour savourer leurs retrouvailles avec la nicotine. Sally se sentait maintenant plus confiante et n'avait plus peur de retourner à l'école.
Pourtant, une petite partie d'elle restait effrayée, et rien au monde n'aurait pu calmer cela, sauf Spencer. Mais ce matin, il n'était pas assis au fond de la cour, sur le banc, avec son ami. L'ami en question était seul et il lisait un livre. Sally se promit d'aller lui parler un jour.
La journée se passa dans une lenteur incroyable. Sur l'heure du dîner, alors qu'elle mâchouillait son sandwich en face de Brendon et Brooke qui s'embrassaient avec des bruits de succion, une bande de gars passèrent derrière eux. L'un deux s'écria : "Hé Antoine, regarde ça!"
Sally sursauta et s'étouffa avec sa bouchée. Antoine? Il était venu jusqu'ici pour lui faire du mal? Encore? Qu'allait-elle faire, maintenant?
Elle tourna vivement sur elle même mais constata qu'Antoine Messier n'était pas là. Bien sûr qu'il n'était pas là.
Et Spencer aussi il était absent.
Sally se leva et ramassa ses affaires.

- Tu vas où ? demanda Brendon en quittant la bouche de sa copine.
- Fumer une smoke dehors.

Brendon voulut la suivre mais elle lui demanda d'être seule un peu. Il haussa les épaules et retourna s'asseoir. Sally alla à son casier et enfila sa veste préférée, celle qui portait l'effigie de son groupe fétiche, Panic! at the disco. Quand elle était arrivée à l'école avec cela sur le dos, toute fière d'avoir pu se la procurer, elle avait été le sujet des moqueries de ses camarades de classe. "C'est trop tapette comme musique!" disaient certains. Les autres se contentaient d'insulter les membres du groupe car ils se maquillaient. Oh bien sûr, Sally s'en foutait. Elle n'était pas née la personne qui la ferait changer d'avis sur ses goûts musicaux ou qui lui en donnerait honte, ça non!
Le goût du tabac lui donna envie de voir Spencer. Peut-être était-il chez lui?
Sally se mît en route vers la rue des Peupliers.
L'atmosphère était humide, et elle jura intérieurement parce que ses longs cheveux roux allaient fort probablement se mettre à frisotter et qu'elle détestait ça.
Elle savait qu'elle avait de beaux cheveux, tout le monde lui disait toujours, et elle-même s'en rendait compte. Des stars d'Hollywood payaient très cher pour avoir cette tête là. Cette coupe de cheveux qu'elle s'était faite elle-même, et ils se faisaient teindre roux, mais ça ne donnait jamais comme Sally, non, c'était impossible d'obtenir cette couleur là.
Mais restait qu'elle détestait ses cheveux parce que premièrement, ils frisaient naturellement et qu'elle devait passer 20 bonnes minutes chaque matin pour se les aplatir.
Francine, sa mère adoptive, détestait voir Sally faire ça.
"Tu détruis tes beaux cheveux! Lui disait-elle. Tu les brûles, quand ils vont tomber, viens pas pleurer!"
Ouais ben tant pis. Quand ils tomberont ses cheveux, Sally s'achètera une belle perruque en attendant qu'ils repoussent, c'est tout.
Arrivée devant la maison de Spencer, elle se regarda dans la fenêtre de la porte. Ouais, elle frisait, et pas un peu à part de ça! Elle voulut faire demi-tour, elle n'avait pas envie que Spencer la voie comme ça.
La voiture de ses parents n'était pas là, alors elle se dit qu'ils n'étaient pas dans la maison. Elle tourna la poignée. C'était ouvert. Sally entra dans la grande maison. Tout était parfaitement rangé.
Parfait.
La petite famille riche et parfaite, bien sûr.
Spencer parfait.
Avec sa petite amie blonde et parfaite.
Mais le salon était vide.

- Spencer .. ? T'es là? Y'a quelqu'un? Demanda Sally avec une petite voix.

Aucune réponse. C'était silencieux, sauf un bruit indéfinissable qui provenait de l'étage. Sally posa un pied sur la première marche de l'escalier, puis elle monta, et elle monta.
En fait, elle le savait. Elle savait ce qui se passait, c'était trop clair. Mais on aurait dit qu'elle voulait le voir, qu'elle voulait avoir mal.
La porte de la pièce du fond était entreouverte. Elle s'avanca sans bruit et jeta un œil.
Spencer.
Et Blondasse.
Dans un lit.
En train de faire l'amour.
Sally fît demi-tour et ne se soucia plus du bruit qu'elle provoquait. Elle ressortit dehors en claquant la porte, le visage baigné de larmes.

À suivre
# Posté le mercredi 28 mars 2007 21:01

Misery Loves Me (But I Hate Misery)

[[ Mercii tout le monde pour vos commentaires. C'est toujours apprécié de recevoir des félicitations =) Je suis contente que vous aimiez me lire.. ]]

Misery Loves Me (But I Hate Misery)
7ième partie


Sally retourna à l'école juste à temps pour son cours d'anglais. Elle s'installa derrière son bureau et soupira. Elle sentait tous les regards braqués sur elle. Oui, son maquillage était coulé, bon, et alors?!
"Today guys we'll talk about verbs and pronouns. This is…"
Dès qu'elle en eut l'occasion, Sally demanda au professeur if she could leave class. Elle lui dit qu'elle ne se sentait pas bien. Et puis, ça n'était pas vraiment un mensonge…
Elle passa devant l'infirmerie sans y entrer. Non. Elle alla plutôt à son casier et pris ses affaires.
Il s'était mis à pleuvoir dehors. C'était certain, maintenant, les cheveux de Sally allaient être horribles.
Elle marcha longtemps et ses pieds la menèrent machinalement à la Maison des jeunes. La cour arrière était vide. Le terrain de basket inocuppé. Par contre, Brendon était là. Abrité sous un pavillon, il fumait.
Agacée de ne pas être seule, Sally s'approcha de lui.

- Qu'est-ce que tu fais là? Lui demanda-t'elle. T'es pas en cours?
- Je te retourne la question! Répliqua Brendon avec un regard pour son amie. T'es partie avant le cours d'anglais?

Sally s'assit sur le sol en béton et observa distraitement les fines gouttes de pluie tomber sur l'herbe verdoyante.

-Non, soupira l'adolescente. Je suis partie en plein milieu. J'avais pas envie d'entendre parler de verbes anglais. D'ailleurs, j'ai pas envie d'entendre parler de quoi que ce soit.

Brendon s'installa près de Sally et s'alluma une nouvelle cigarette. Il en respira plusieurs bouffées.

- Qu'est-ce qui se passe? S'informa-t'il.
- Rien du tout.
- Sally… je pense que je sais, moi. C'est Spencer, hein?

Sally demeura silencieuse. Elle ne voulait pas répondre. Elle sentait les larmes lui monter aux yeux.

- Pourquoi tu.. tu .. tu l'aimes lui?! Continua Brendon. Il est beau et riche, c'est ça? C'est ça, ton genre de gars?

Sally se tourna vers Brendon et fronca les sourcils. Qu'est-ce qui lui prenait, à celui là?…

- Écoute, commenca-t'elle.
- Non! Coupa Brendon. Ça va. Toi tu aimes les gars comme Spencer. Spencer il aime les filles comme Skye.
- Les filles comme Skye? Ça veut dire quoi, ça? Que je suis trop laide, trop grosse, trop pauvre et pas assez blonde pour Spencer?

Brendon se leva brusquement.

- Non, dit-il. Toi tu es trop bien pour lui. Bye Sally, ajouta-t'il avant de la quitter.

Sally resta seule sous le pavillon à écouter de la musique jusqu'à ce que seize heures sonne et que les élèves se mirent à arriver. Elle ne voulait pas retourner tout de suite chez elle, mais elle n'avait nulle part de tranquille où aller. Le cimetière serait boueux avec le temps qu'il faisait. Se rendre chez Brooke, peut-être? Si Sally avait de la chance, Brendon n'y serait pas allé.
Mais il s'avéra que Sally n'avait pas de chance. C'est Brendon lui-même qui lui ouvrit la porte de l'appartement où habitait Brooke.

- Qu'est-ce que tu fais là? Demanda-t'il d'un ton presque buté.
- Je venais voir Brooke, répondit Sally.
- Elle n'est pas là encore. Je l'ai croisée dans la rue et elle m'a dit qu'elle avait du gardiennage, mais que je pouvais venir l'attendre ici.
- Son père n'est pas là?
- Non, au travail pour trois jours encore.

Brendon laissa entrer Sally qui alla s'asseoir sur le sofa. À la télé, c'était des dessins animés.

- Brendon… tenta Sally à nouveau. Laisse moi t'expliquer.
- Pas besoin d'explications. Tu aimes Spencer?
- En fait..
- Oui ou non?
- Oui, finit par lâcher Sally, la voix tremblotante. Et je sais que c'est stupide… Mais t'avais tort… c'est lui qui est trop bien pour moi.

Brendon s'agenouilla devant Sally et emprisonna ses mains dans les siennes. Sally se promit de graver cet instant dans sa mémoire à tout jamais. Le premier garçon qui se prosternait devant elle!

- Si il ne se rend pas compte à quel point t'es une fille merveilleuse, dit Brendon, c'est qu'il ne te mérite pas. Tous les gars devraient être amoureux de toi.
- Les gars ils veulent une belle fille.
- Et t'en es une. C'est juste que tu te caches derrière tes cheveux.

Brendon caressa la joue de Sally et lui dégagea le visage de sa frange.
Elle sentit ses joues s'empourprer et son cœur se mît à battre plus fort.

- Y'a aucun gars qui est assez stupide pour tomber amoureux de moi, trancha Sally, malgré son trouble.
- Je suis stupide alors.

C'en était trop. Sally se leva, repris son sac et quitta l'appartement en claquant la porte.

À suiivre.
# Posté le dimanche 01 avril 2007 10:00