6ième partie
Migraine, chagrin et le cœur qui serre.
Sally n'ouvrit pas les yeux tout de suite, son réveil avait été trop brutal. La pièce où elle se trouvait sentait bon. Dans le moment, Sally n'aurait pas pu expliquer pourquoi, mais l'odeur lui plaisait.
Elle commença par se demander pourquoi elle était si malheureuse, mais la voix inquiète de Brendon l'interrompit sans son questionnement et la ramena à la réalité.
-Je pense qu'il faudrait l'emmener à l'hôpital. Je veux pas perdre ma Sally, je l'aime beaucoup, tu sais?
-Moi aussi je tiens à elle, Brendon… Mais attendons un peu avant d'aller directement aux urgences. T'imagines expliquer à tes parents que t'es allé à une fête, que toi et ton amie vous vous êtes saoulés et que là, elle a fait un genre d'overdose?
Cette voix grave et sensuelle appartenait à Spencer. Et maintenant, Sally cliqua que l'odeur qu'elle aimait tant lui appartenait également. Son cœur qui semblait ne plus jamais vouloir battre il y a quelques secondes, maintenant, pompait si fort que cela lui faisait mal. Oui, tout lui revint en tête, maintenant. Sally avait fumé beaucoup de drogue, parce qu'elle était triste à cause d'Antoine. Elle avait suivi Brendon jusque dans une fête, et elle avait encore fumé, et encore bu. Puis elle était montée en haut et elle était tombée.
Et c'est là que la blondasse était arrivée au bras de Spencer.
Et elle l'avait appelé "mon chéri".
Et elle était plus belle que Sally.
Plus mince aussi.
Et Spencer l'aimait, elle.
Pas Sally.
Non, non.
-Je crois qu'elle se réveille! Lanca une voix féminine. Bon, Spencer, on va dormir, là?
-Mais non! Coupa celui-ci. Si t'es fatiguée, vas-y, vas dans la chambre d'ami, moi je reste ici avec elle.
-Tu peux y aller, dit Brendon. Je m'occupe de Sally…
Il y eu du bruit, dont deux raclements de chaises. Brendon dit quelque chose du genre : "Merci de lui prêter ta chambre, Spencer…", et l'autre avait répondu : "Mais il fallait que je le fasse, tu sais bien…", et une porte s'était fermée.
Donc, Sally était dans la la maison, dans la chambre et même dans le lit de Spencer. Probablement que ses parents étaient absents et, avec l'aide de Brendon et sous les soupirs découragés de Blondasse, -quel beau prénom, n'est ce pas!- il avait ramené Sally ici.
Elle sentit Brendon déposer un baiser sur sa joue et nicher sa tête dans son cou.
Sally ouvrit les yeux.
-Oh, s'étonna Brendon en prenant une teinte écarlate. Je savais pas que t'étais réveillée… Comment tu te sens? Est-ce que tu veux aller à l'hôpital?
-J'ai mal au cœur.. à la tête.. sinon.. ça va, répondit Sally.
-On est chez Spencer. C'est lui qui t'a trouvée. Tu te souviens?
Sally hocha la tête pour dire oui. Elle se sentait tellement fatiguée, comme si quelqu'un avait aspiré toute son énergie.
***
Le mardi matin, Brendon vint cogner chez Sally. Il espérait qu'elle vienne à l'école, il ne fallait pas qu'elle prenne trop de retard, qu'il lui avait dit.
Sally l'avait suivi mais avait insisté pour qu'ils passent devant le Collège.
Pendant que Sally s'éternisait à relacer ses Converse devant l'école privée, Brendon s'alluma une cigarette.
- T'avais pas arrêté? Demanda Sally en posant son regard sur la marée d'élèves en uniforme bleue marine.
- Eh bien, oui
j'avais, soupira Brendon. T'en veux une?
- Avec plaisir, répliqua Sally en prenant la cigarette que lui tendait son ami.
Ils s'assirent sur le côté du trottoir pour savourer leurs retrouvailles avec la nicotine. Sally se sentait maintenant plus confiante et n'avait plus peur de retourner à l'école.
Pourtant, une petite partie d'elle restait effrayée, et rien au monde n'aurait pu calmer cela, sauf Spencer. Mais ce matin, il n'était pas assis au fond de la cour, sur le banc, avec son ami. L'ami en question était seul et il lisait un livre. Sally se promit d'aller lui parler un jour.
La journée se passa dans une lenteur incroyable. Sur l'heure du dîner, alors qu'elle mâchouillait son sandwich en face de Brendon et Brooke qui s'embrassaient avec des bruits de succion, une bande de gars passèrent derrière eux. L'un deux s'écria : "Hé Antoine, regarde ça!"
Sally sursauta et s'étouffa avec sa bouchée. Antoine? Il était venu jusqu'ici pour lui faire du mal? Encore? Qu'allait-elle faire, maintenant?
Elle tourna vivement sur elle même mais constata qu'Antoine Messier n'était pas là. Bien sûr qu'il n'était pas là.
Et Spencer aussi il était absent.
Sally se leva et ramassa ses affaires.
- Tu vas où ? demanda Brendon en quittant la bouche de sa copine.
- Fumer une smoke dehors.
Brendon voulut la suivre mais elle lui demanda d'être seule un peu. Il haussa les épaules et retourna s'asseoir. Sally alla à son casier et enfila sa veste préférée, celle qui portait l'effigie de son groupe fétiche, Panic! at the disco. Quand elle était arrivée à l'école avec cela sur le dos, toute fière d'avoir pu se la procurer, elle avait été le sujet des moqueries de ses camarades de classe. "C'est trop tapette comme musique!" disaient certains. Les autres se contentaient d'insulter les membres du groupe car ils se maquillaient. Oh bien sûr, Sally s'en foutait. Elle n'était pas née la personne qui la ferait changer d'avis sur ses goûts musicaux ou qui lui en donnerait honte, ça non!
Le goût du tabac lui donna envie de voir Spencer. Peut-être était-il chez lui?
Sally se mît en route vers la rue des Peupliers.
L'atmosphère était humide, et elle jura intérieurement parce que ses longs cheveux roux allaient fort probablement se mettre à frisotter et qu'elle détestait ça.
Elle savait qu'elle avait de beaux cheveux, tout le monde lui disait toujours, et elle-même s'en rendait compte. Des stars d'Hollywood payaient très cher pour avoir cette tête là. Cette coupe de cheveux qu'elle s'était faite elle-même, et ils se faisaient teindre roux, mais ça ne donnait jamais comme Sally, non, c'était impossible d'obtenir cette couleur là.
Mais restait qu'elle détestait ses cheveux parce que premièrement, ils frisaient naturellement et qu'elle devait passer 20 bonnes minutes chaque matin pour se les aplatir.
Francine, sa mère adoptive, détestait voir Sally faire ça.
"Tu détruis tes beaux cheveux! Lui disait-elle. Tu les brûles, quand ils vont tomber, viens pas pleurer!"
Ouais ben tant pis. Quand ils tomberont ses cheveux, Sally s'achètera une belle perruque en attendant qu'ils repoussent, c'est tout.
Arrivée devant la maison de Spencer, elle se regarda dans la fenêtre de la porte. Ouais, elle frisait, et pas un peu à part de ça! Elle voulut faire demi-tour, elle n'avait pas envie que Spencer la voie comme ça.
La voiture de ses parents n'était pas là, alors elle se dit qu'ils n'étaient pas dans la maison. Elle tourna la poignée. C'était ouvert. Sally entra dans la grande maison. Tout était parfaitement rangé.
Parfait.
La petite famille riche et parfaite, bien sûr.
Spencer parfait.
Avec sa petite amie blonde et parfaite.
Mais le salon était vide.
- Spencer .. ? T'es là? Y'a quelqu'un? Demanda Sally avec une petite voix.
Aucune réponse. C'était silencieux, sauf un bruit indéfinissable qui provenait de l'étage. Sally posa un pied sur la première marche de l'escalier, puis elle monta, et elle monta.
En fait, elle le savait. Elle savait ce qui se passait, c'était trop clair. Mais on aurait dit qu'elle voulait le voir, qu'elle voulait avoir mal.
La porte de la pièce du fond était entreouverte. Elle s'avanca sans bruit et jeta un œil.
Spencer.
Et Blondasse.
Dans un lit.
En train de faire l'amour.
Sally fît demi-tour et ne se soucia plus du bruit qu'elle provoquait. Elle ressortit dehors en claquant la porte, le visage baigné de larmes.
À suivre